mercredi 24 novembre 2010

Le fameux week-end avec le gang de PhanGan et le début de la sem2

Jour 8 Vendredi 5 Novembre
Jour de Mariage et taxi(s)-adventure(s).

Pour la deuxième fois depuis notre arrivée, Bozo n'est pas en forme ce matin et il va falloir que je la pousse un peu pour qu'elle puisse recommencer les visites, de plus je ne vais l'accompagner que le temps de la matinée car cet après-midi je suis de mariage. En effet, JP Krishna et Sophie Nikita se marient à l'ambassade de France cet après-midi, chouette façon de débuter le séjour.
Comme la veille, les visites s'enchaînent, les intérieurs défilent, les piscines se superposent dans notre esprit mais hélas les «presque parfait mais...» se compilent également. La perle rare n'est visiblement pas dans nos moyens. Les 4 premières visites du jour passées, je dois laisser les filles continuer seules car j'ai rendez-vous à 13h à l'hôtel où est logée la bande et je n'ai pas encore pris l'habitude locale d'arriver en retard (je ne l'avais déjà pas prise en deux ans de Portugal alors que là-bas aussi c'est la coutume). Enchaînement de deux sky-train et de deux taxis : le 1er m'a assuré qu'il m'emmenait dans le bon sens mais après quelques mètres, je me rends compte qu'il se dirige à l'opposé. Comme on est pris dans les bouchons, je lui signifie qu'il est bien gentil mais que je suis pas un pigeon de touriste qu'il va promener et profite d'un arrêt pour sauter hors du taxi sous son regard mêlant surprise, colère et déception. Second taxi, cette fois dans le bon sens et à 12h59, j'arrive au Center Point Hôtel de Petchaburi. Dans l'entrée de l'hôtel je retrouve quelques uns du «gang de PhanGan». Joie de se retrouver ici, à quelques milliers de kilomètres de chez nous (enfin dans mon nouveau chez moi, mais je ne m'y suis pas encore habitué), on se raconte rapidement nos aventures depuis qu'on est sur le sol Thaï. Les miennes semblent bien «light» par rapport à leur voyage de retour de Koh PhanGan à Bangkok en bus deluxe. Un bus deluxe qui ne doit être deluxe que lorsqu'il fait beau car sous les trombes d'eau qui ont accompagnées leur trajet, il n'était plus étanche. La pluie passant par toutes les entrées et sorties possibles : clim, prises électriques, hublots... Petit à petit, je retrouve toute la bande, jusqu'à mon petit Tiger Jey qui il y a neuf ans m'avait pour la première fois emmené ici; ça a vraiment une saveur particulière d'être tous réunis ici. On monte dans leurs chambres qui sont tout comme le bâtiment, immenses. Le temps d'échanger quelques avis sur le prix du laundry, la bouffe thaï, les bus amphibies et la possibilité de jeter le papier dans les WC et il est déjà l'heure de se retrouver tous en bas pour prendre la direction du consulat. C'est là que je retrouve Jean Pierre et Sophie, neuf ans et quelques mois après notre première rencontre dans ce même pays, ils n'ont pas changés et en quelques secondes je revois toutes nos aventures, plaisir immense... Nous sommes 14 et devons donc prendre 4 taxis, Jean Pierre et Sophie partiront les derniers car ils indiquent à chaque fois la destination aux chauffeurs. Un premier groupe part, je fais parti du second wagon accompagné par Monique, Sophie M. et Mél. Le trajet dure un peu plus d'une vingtaine de minutes, la circulation est relativement fluide. En trajet, le chauffeur me demande si il peut faire un stop pour prendre un thé glacé car il conduit depuis de nombreuses heures déjà. Arrêt minute, sans même descendre, il fait signe à un vendeur qui lui apporte sa boisson et l'on repart aussitôt. Nous sommes les premiers arrivés à l'ambassade. On donne nos passeport et noms que l'agent de sécurité raye sur une liste. Il ne me trouve pas et pour cause, je suis inscrit sous le nom de Odin (ah ah ah. C'est pas la première fois que cette situation se présente, Merci Mr Bertin). On attend que les autres arrivent et à notre surprise, ce sont les futurs mariés qui arrivent en second, alors qu'ils sont les derniers partis... Léger début de gentille panique car le mariage doit avoir lieu dans un quart d'heure, J.P. appelle donc les deux véhicules restants et surprise (ou plutôt sans surprise pour qui connaît le pays) le chauffeur ne sait pas où il doit aller alors que lorsqu'ils ont pris la course, ils ont affirmés savoir où ils devaient se rendre. Les taxis sont chacun dans deux endroits différents du quartier, JP explique aux chauffeurs à nouveau, le lieu de destination. Le soi de l'ambassade étant tout petit, avec Sophie on se rend sur le grand boulevard pour guetter le passage des taxis; dans l'entrefaite, on apprend que l'équipe Jey, Philippe, Chloé, Ambroise est sortie du taxi car celui était parti à contre-sens sur ce même boulevard et fait route à pied: On se croirait dans l'émission Pekin-express (ou plus encore dans l'Amazing Asia Race pour ceux qui connaissent), qui va arriver en dernière position? Soudain j'aperçois Niels dans un taxi, je fais des grands signes qu'heureusement il voit car sinon le taximan passait devant le soi sans s'y arrêter. Quelques minutes après, je vois par dessus la mêlée au loin la chevelure de Jey. Je grimpe sur une sortie d'eau pour leur faire des grands signes. Enfin tout le monde est arrivé et l'on peut pénétrer dans les locaux. Je profite d'être là pour demander quelques renseignements pour refaire mon passeport et la fiche d'inscription consulaire des français résidents à l'étranger, puis on nous fait entrer dans la salle des célébrations. La cérémonie sera rapide nous prévient la femme officier d'état civil et effectivement en à peine 10 minutes, les mariés et témoins se retrouvent à signer le registre et elle offre un joli bouquet à Sophie. Je suis un peu jaloux de leur livret de famille qui est d'un joli bleu alors que le notre est blanc. C'est salissant le blanc... mais surtout il y aurait de quoi jalouser à l'énoncé des fonctions des témoins: un militaire, un Chef opérateur from Molinchart, une libraire et une styliste from New-York pour un mariage à Bangkok, ça en jette! (Attention, que ce soit bien clair, je ne viens en rien dénigrer les professions de nos témoins de mariage à nous, notamment après leur soutien sans faille lors de l'éprouvante cérémonie de l'église...) Ensuite notre hôte va nous proposer de nous rendre dans les jardins de la maison de l'ambassadeur pour y faire quelques photos mais nous demande de ne surtout pas prendre une photo de la cour intérieure où sont garés les véhicules. On a pas bien compris pourquoi parce qu'en passant devant on ne voit pas trop ce qui pourrait justifier une classification en secret défense de cette zone mais on a pas tenté de contrevenir afin de le savoir. La résidence de style coloniale est majestueuse et l'on se dit qu'ambassadeur est tout de même une situation enviable. Après une série de photos, devant les escaliers, sur les escaliers, devant le fleuve et devant la maison, on retourne à la sortie des locaux et pendant que Jean Pierre et Sophie vont rencontrer une responsable pour traiter de problèmes d'un ami, on en profite pour feuilleter les quelques brochures à disposition (type city guide remplis de pub) et une publicité va attirer notre attention : «Une expérience comme vous n'en avez jamais connu auparavant...» Un salon de massage pour les hommes par les hommes avec un service d'escort-boys 24h/24h avec photos suggestives. Ici y en a pour tous les goûts, décidément c'est dément, le démon des membres bien membrés est bien présent dans le pays.... Ensuite vient l'heure de l'aventure Taxi acte 2 le retour. Si pour l'aller, il n'y a pas trop eu de problèmes pour trouver les taxi (le problème fût tout autre), pour le retour cela va s'avérer plus compliqué. Premièrement il y a peu de taxis libres qui passent; une petite lumière rouge située devant le chauffeur indique leur disponibilité et les rares que nous trouvons refusent de nous emmener jusqu'à l'hôtel, en effet c'est l'horaire des bouchons du vendredi et en formule Taxi-meter (grosso-modo on paye au kilométrage) ce n'est pas très avantageux pour eux. Tant bien que mal, nous en trouvons un premier après 400m de marche mais pour les suivants ça va s'avérer plus compliqué. On en trouve bien un stationné devant un hôtel mais il va nous demander 200 bahts pour la course (on a payé 79 Baths à l'aller) ou bien ils nous emmène pour 100 mais on devra faire un arrêt chez son sponsor. C'est souvent le cas ici, un prix qui semble bas cache souvent ce genre de pratique, un arrêt obligatoire dans une boutique de cadeaux, tissus ou bijoux sur lequel le taxi est commissionné. On reprend donc notre marche sur 400 mètres avant de trouver l'avant dernier taxi et quelques 400 autres mètres plus loin nous trouvons enfin l'ultime taxi pour JP, Jey et moi. Effectivement ça bouchonne sec et arrivé à environ 400 mètres de leur hôtel (décidément y a truc avec les 400 mètres), JP nous dit qu'on ira plus vite en finissant à pied et ça se vérifie puisqu'on double en marchant l'avant dernier taxi. On fait un petit passage par le mall paradis de la nouvelle technologie où JP doit acheter un connectique; sur 4 étages un enchaînement de boutiques d'informatique, de Hi-fi, de téléphone de Dvds et j'en passe. Ce n'est pas le fameux MBK mais ça s'en approche. De retour à l'hôtel, on se donne tous rendez-vous à la piscine mais c'est le Jacuzzi qui va emporter tous les suffrages. Tant et bien qu'à huit dedans on va faire déborder l'appareil. JP nous a rejoint, il va commander deux premières Chang. Je constate avec jalousie, soit que le personnel de cet hôtel est plus professionnel car JP n'a pas besoin de répéter 20 fois «Chaaaaannnggg» pour être servi, soit (et c'est plus probable) son accent est bien meilleur que le mien. Le serveur ramène deux verres mais nous sommes déjà trois autour de la table, il repart donc rechercher un verre, mais à son retour nous sommes cinq et nous recommandons deux autres bières, ce petit manège va continuer un petit moment puisqu'à la fin nous serons finalement treize autour du jaccuzi (Chloé est restée couchée dans sa chambre, les 12 heures de décalage avec New York auront eu raison d'elle). On finit par commander les bières par 4, ça évite des allers-retours au serveur. Une partie de la troupe part se faire un sauna, moi je reste à ce vin d'honneur improvisé, ce qui me donnera l'occasion de voir l'équipe technique de l'hôtel venir au chevet du Jacuzzi que Niels a délibérément saccagé (bon enfin c'est une oeuvre collective mais il faut bien un bouc-émissaire et par un vote arbitraire on a désigné Niels). Les heures passent, il faut se mettre en recherche d'un restaurant pour le soir. Philippe en tant que père de la mariée veut payer un «sea-food restaurant» pour la noce mais personne ne sait où trouver dans le coin un resto de ce type. Un Thaï au coin de la rue nous dit que «Excellent restaurant Sea Food pas loin», pas loin mais il faut quand même s'y rendre en tuk-tuk et vu les galères de l'après midi pour se déplacer à quatorze, l'opération semble compliquée, voir même très compliquée donc après quelques tergiversations, demi-tours, avance recule (comment veux-tu....), étirement du groupe sur 200 mètres... décision est prise de manger à leur hôtel ce soir. Le repas est mis en ordre par notre adjudant Ludo qui organise la prise des commandes. C'est bon de voir notre Ludo ici, lui qui devait faire parti du voyage d'il y a 9 ans mais qui pour des raisons diverses et variées, ne nous avait pas accompagné. Un mal pour un bien car ça nous avait donné l'occasion d'offrir au 7ème art, un chef d'œuvre burlesque et dramatique dans la lignée des meilleurs productions de Kubrick et Éric & Ramzy, le hélas peu connu mais cultissime «Where is Ludo». Un bon esprit se dégage avec de bonnes phases de joutes comiques comme ce petit passage où Jey raconte l'histoire de «Niels & Simon dans le remake de à nous les petites (grosses) anglaises », même si Jean Pierre dit qu'il la raconte comme un mustélidé d'Europe (=nom scientifique du Blaireau): Ludo évoque les paquets de cigarettes que l'on achète ici, qui sont tous recouverts d'une image sensée nous dégoutter du tabac (une tumeur tendance boulette de viande sur la joue, un pied brulé dans les tons noir et rouge vif, un homme qui fume devant son enfant...) et dit qu'on pourrait en faire un jeu des 7 familles: dans la famille Marlboro light je voudrais le poumon noir...
Après le repas, direction la chambre de Simon et Niels (qu'on appelle la Gay-room dans le guide du routard) pour y boire le Champagne. On se croirait dans une chambre d'hôtel après un concert des Rolling Stones parce que même si les chambres sont grandes à 14, ça prend tout de suite une autre tournure. 1H du matin, il est tant de rentrer. Je demande un taxi à l'accueil et je n'ai même pas le temps de m'allumer une cigarette que le taxi arrive, c'est beau les 4 étoiles. On roule depuis à peine deux minutes que le chauffeur entame la conversation, il me demande ma nationalité. Je lui dit Français mais que je vivais au Portugal alors il s'esclaffe et me dit «Cristiano Ronaldo!». Je lui demande si il aime le foot, il me répond qu'il adore, qu'il est fan de Manchester United. Je lui dit que j'aime beaucoup M.U. aussi surtout depuis le passage d'Eric Cantona dans ce club... et soudain je vois dans le rétroviseur son regard qui s'éclaire. Il hurle je ne sais trop quoi car il est tellement exalté que c'est incompréhensible, je comprends juste qu'il doit apprécier Eric The King car il s'enflamme véritablement, il ne regarde plus la route, m'enchaine des résultats et refait le palmarès des années Canto. Je ne trouve comme autre solution que de lui dire que j'aime bien aussi la colonie française d'Arsenal, ça le refroidit direct. Pour briser le pesant silence qui s'est installé, je lui demande comment se passe le championnat de foot Thaïlandais. Il me dit qu'il n'en sait rien, qu'il ne s'intéresse qu'à la premier league (ça se confirme). De retour dans la chambre, je retrouve Zo qui ne dort pas et matte un film. On se raconte nos journées et l'on s'endort car demain si on se lève tôt on ira au marché de Chatuchak où va aussi la petite troupe.


                                                           Mariage à la Bangkokoise!


Jour 9 Samedi 6 Novembre
Bangkok dernière!
On se réveille bien trop tard pour aller au marché, du coup pas besoin de s'affoler, on flemmarde un bon moment au lit. Un bon gros moment même. Ce soir on doit retrouver les autres et afin d'éviter la petite pagaille de la veille quant à la recherche du resto, je me dis que je peux peut-être être force de proposition comme on dit en politique et que le fameux « Cabbages and Condoms » (10 Sukhumvit Soi 12, réservation au 662 229 4610, faites le 9 pour sortir de l'hôtel) peut être un lieu sympa pour diner tous ensemble. J'appelle mon petit Tiger Jey pour faire la proposition (en faisant le 9 pour sortir) qui me rappellera à son tour pour me dire que la bande est ok, du coup j'appelle le resto pour réserver (toujours sans oublier de faire le neuf), avant de rappeler Jey (en faisant toujours faire le 9) pour lui dire que c'est réservé pour ce soir 21h, il me dit ok, je lui dis à ce soir. Épuisé par toutes ces aventures téléphoniques, je fais une petite sieste en attendant le soir.
Le soir venu, on se rend au soi 12 et comme nous sommes en avance (et qu'à cet instant je pense que les autres seront en retard), on se pose dans un tout petit bar qui fait également location de dvd au bord de l'avenue, nous avons juste le temps de boire notre café que le gang de Phangan arrive. Rapide présentation de Madame Odin à ceux qu'elle ne connaît pas encore et nous nous arrivons au Cabbages (comme disent les habitués). L'entrée est très sympa, boisée et éclairée à la lanterne. J'avais découvert ce restaurant dans un reportage sur M6 où Dédé de la Villardière était venu faire son plateau de fin. Un reportage comme toujours ridicule où ils avaient fait un lien entre les bars à fille, l'épidémie de Sida et les manifestations des rouges. Lien que seuls les pseudos journalistes de Merde 6 doivent comprendre. Mais bon le concept du resto m'avait plu, autour du condom et où une partie du prix du diner est reversée aux organismes d'aides aux malades et puis dans le volumineux livre des expats qu'on nous a donné les critiques sont élogieuses. Le lieu est très sympathique, toute la déco est faite de préservatifs et des milliers de petites lanternes donnent une ambiance particulière à l'immense ensemble.
On commande un apéritif et des apetizers pour ce mettre en bouche. J'opte pour un pastis (on ne se refait pas) mais je serais obligé de commander une bouteille d'eau car il est servi pur et sans glaçon. La présentation est à l'avenant du goût: raffinée et originale. La prise des commandes et la rapidité du service sont excellentes, de plus nous auront le droit chacun à notre petite note personnelle. Les plats arrivent et je me dois de tirer mon chapeau à Nielsou qui a fait péter le poulet entier (un bon gros poulet des montagnes) et qui malgré ses deux margaritas et sa copieuse entrée fera sa fête au gallinacé montagnard. Après le repas, on fera tourner la roue de la chance (une roue ambiance roulette russe où l'on tire au choix une petite infection vénérienne, un Hiv de derrière les fagots, une soirée d'abstinence, un soirée de folie avec double condoms au menu...). Les sorts sont différents pour chacun, ce qui nous amuse beaucoup. Je ne me souviens plus en détail du « tirage » de chacun, sauf celui de Bozo qui tire le double condom, le coup du Chat-pot comme on dit dans le métier. À la sortie également un présentoir qui indique qu'ici il n'y a pas de bonbons à la menthe en fin de repas mais qu'à la place vous pouvez vous servir en capotes en deux tailles, la taille républicaine et la taille démocrate. Certains font le plein mais dans un souci de discrétion je ne dirais pas qui... 

                             Simon a soif                                Sophie M. faisant son choix dans l'épais menu

La roue de l'infortune

                                         Niels avant son poulet            Pas de bonbons...


A la sortie du resto, les avis divergent sur la suite à donner à la soirée, certains ne veulent pas rentrer tard, d'autres ont une envie folle de continuer la nuit. Un consensus est trouvé, déjà aller prendre un verre tous ensemble et ensuite chacun pourra continuer la nuit comme il l'entend. J'ai repéré que Soi 11, il y a de nombreux clubs et bars dans des esprits divers et variés, mais arrivé Soi 11, il est très compliqué de satisfaire tout le monde et le consensus va vite explosé. L'envie de certains d'aller faire un tour au soi 4, autrement appelé Soi Nana est trop forte et après quelques infructueuses tentatives de conciliations devant un dernier bar (et un lady-boy qui s'est accroché à la taille de Simon), le groupe explose. Les jeunes mariés et Chloé vont rentrer à l'hôtel et le reste de la troupe va plonger dans les parties chaudes de la ville. On doit traverser Sukhumvit Road car nous sommes repassés du coté des nombres impairs et il y a ceci de bien fait que les sois sont repartis de part et d'autre du Boulevard avec les pairs d'un coté et les impairs de l'autre, mais c'est parfois trompeur car par exemple juste en face du soi 34 ce n'est pas le 33 ou 35 mais le 51, la distance entre les sois n'étant pas égales. Trompeur et parfois plus car autre exemple, si entre le soi 20 et 22 il n'y a qu'environ 150 mètres, entre le soi 22 et le 24, il y a plus de 800 mètres, du coup il vaut toujours mieux être sur du sens dans lequel on prend l'avenue ou à défaut ne pas avoir peur de marcher. Du coup lorsque nous nous retrouvons du coté Pair nous partons vers la droite mais après quelques mètres afin d'être sur, Jey demande à un passant dans quelle direction se trouve le soi 4 et il nous indique sur la gauche... je dis à Jey qu'un deuxième avis de confirmation est souvent préférable et effectivement la marchande à laquelle il demande lui indique que le 4 est vers la droite... Une troisième personne lui indiquant la droite, on s'y dirige donc en espérant que c'est bien la bonne direction et c'est le cas car après quelques mètres nous entrons dans le Soi Nana et il n'y a pas de doute possible, nous sommes bien arrivés car dès l'entrée du Soi des Katoys (travestis) nous invitent à rentrer dans leurs bars.
A ce moment du récit une mise au point s'impose sur ceux (ou celles, c'est selon) que l'on nomme Katoys ou Ladyboy pour tout ceux qui ne sont jamais venus en Thaïlande et/ou qui peuvent avoir une vision limitée, voir fausse de ce troisième sexe (Nicolas Sirkis si tu nous regarde...). Tout d'abord, on peut être surpris par le nombre élevé de Ladyboy que l'on croise ici et ce pas uniquement dans les sois Nana ou le soi Cowboy mais dans tous les quartiers de la ville et pas uniquement à Bangkok mais dans toute la Thaïlande (même si dans les campagnes reculées, dans le Nord par exemple, le phénomène est moins présent). J'avais lu le chiffre de 18 000 katoys recensés dans le pays, mais je ne sais pas si ce compte est bon (Laurent Romechko si tu nous regarde) car il n'y a pas de statistiques officiels, d'autant plus que même après opération complète, il n'y a pas de changement d'état civil, né homme on restera homme toute sa vie. Ensuite il serait faux de croire que les Katoys sont tous des prostitués ou qu'ils travaillent tous dans le monde de la nuit, ils (ou elles) sont présents dans de nombreux secteurs d'activité, serveuses au Mac Do ou au 7/11, vendeuses en boutiques (et même dans les boutiques prestigieuses comme Chanel ou autre), actrices de soap opéra, hôtesses de l'air, chanteuses (l'exemple du Girls band ou ladyboys band plutôt « Venus Flytrap » produit par Sony doit laisser songeurs les G-Squad)... reste que l'on n'en voit pas sur les chantiers de construction, mais le Ladyboy le plus célèbre internationalement est issu d'un monde hautement masculin si l'en est : la boxe Thaï! Nong Tum fut champion du pays et un film lui fut consacré: Beautiful Boxer. Alors pourquoi cette communauté est-elle aussi importante ici? On évoque diverses raisons et je pense qu'aucune d'entre elles n'est une vérité exacte et complète mais que c'est dans un petit peu de chacune d'entre elles qu'il faut chercher et surtout il y autant de raisons possibles que d'êtres humains faisant ce choix. La plus souvent évoquée est liée à la tolérance qui émane du Bouddhisme Thaï dans les écrits duquel il n'est fait aucune mention de prescription ou d'interdiction en terme sexuel et pour lequel le respect de la différence est un fondement de la religion. Évidemment, on parle souvent d'être né dans le mauvais corps, un esprit féminin emprisonné dans un corps masculin. Ensuite, on évoque aussi un effet de mode, certains d'entre eux ayant rencontrés le succès et une grande exposition médiatique, cela a pu éveiller des « vocations ». Pour d'autres, nés dans la misère et promis à une vie des plus dures, le changement de sexe et la possibilité d'accéder à des métiers dans le monde de la nuit ou initialement réservés aux femmes (ou de se prostituer ensuite en tant que femme, ce qui est beaucoup plus lucratif) peuvent être évoqué. Parfois la prostitution est passage obligé avant de pouvoir s'envoler vers une autre vie car l'opération de changement de sexe (pour laquelle on peut voir de la publicité dans les journaux) coûte aux environs de 1700$, somme importante par rapport au salaire moyen. Enfin les traits fins des Thaïs font que les différences physiques entre hommes et femmes sont parfois minimes mais comme je le disais en préambule, il y a sans doute autant de raisons que de Katoys. Ils sont donc plus ou moins socialement reconnus mais dans les familles cela reste encore un tabou important.
Ce petit éclaircissement effectué nous pouvons reprendre notre récit là où nous l'avions laissé, à savoir que Simon et sa soeur Sophie M., Mél, Niels, Ludo, Jey, Bozo et moi même sommes à l'entrée du Soi Nana. Le nombre de rabatteurs et de Lady-boy au mètre carré est impressionnant, on rentre alors sur une petite place (Nana Plaza) dont le tour est composé uniquement de bars à filles et ce sur 3 étages. L'embarras du choix au milieu des noms qui pour certains annoncent autant le programme que la couleur: Hollywood Strip, Angel Witch, Casanova, Rainbow 1, 2, 3 et 4 (décidément beaucoup d'arc en ciel par ici) Playskool (tout se joue à l'age Playskool?), G-Spot (un hommage au G-Squad?) et mon favori le spanki-bar (To Spank = donner la fessée) qui se trouve en hauteur mais qui a deux rabatteurs en bas qui à l'aide de « mini-matraques » tapent sur leur pancarte en hurlant: «  come to see bad girls have spanki time... ». On hésite un peu pour savoir où rentrer, on dépêche un éclaireur pour jeter un oeil dans un premier bar mais il est presque vide alors à mon tour je jette un oeil dans un bar au fond de la place et il y a du monde, alors on rentre...
Bienvenue dans la 4ème dimension, au milieu de la salle un carrousel équipé de barres de lap-dance tourne avec une dizaine de filles dessus. Filles à première vue car il est bien difficile de différencier celles qui sont de vraies filles, des possibles Katoys. Autour du carrousel, des gradins donne une impression de petit théâtre, voir d'arènes du temps des jeux du cirque. Au début, il n'y a pas de place dans les gradins alors on se retrouve directement collés au tourniquet, l'occasion de voir de près et de dessous les hôtesses tournoyantes mais surtout l'occasion de se faire frotter par les serveuses, habillées tendance bavaroise mais contrairement à celles qui sont sur le plateau, là il n'y a pas de doutes nos serveuses sont des serveurs aux mains baladeuses, avec Simon nous subirons des assauts répétés à notre intimité. Le premier par derrière, le second par devant, une bonne main au paquet sans aucune autre forme de procédure, ni même un « s'il vous plait » ou « un merci ». On commande une tournée de bières qui sont chers mais pas non plus hors de prix. Un espace s'est libéré derrière nous dans les gradins, soulagement de ne pas devoir subir un nouveau passage de notre ami serveur, Ludo et Jey ont eux choisis de rester devant le carrousel... D'ici on a une vue d'ensemble sur le spectacle. Les filles sont dans une sorte de bikini, toutes identiques, imitation peau de vache noir et blanc. C'est leur tenue de travail et certaines ont leurs propres dessous en dessous. Sur le haut du soutien gorge, elles ont un petit badge avec leur numéro dessus. Environ toutes les dix minutes, le Dj fait un appel au micro et les filles descendent, d'autres prennent leur place. Devant le Dj, il y a un tableau lumineux numéroté de 1 à 5 qui indique le « tour » en cours. On imagine que le principe est de repérer le numéro d'une fille et le numéro de son tour. On va en avoir confirmation rapidement car sur le coté, un vieux monsieur, cliché total de ceux qu'on imagine client de ce genre de lieux (chemise hawaïenne, short beige, casquette bariolée, oeil vicelard, ventre bedonnant) va faire appel à une de ces filles; il fait signe au serveur(euse) qui vient prendre la commande. Quelques instants après une fille vient s'assoir à coté de lui. Les filles viennent juste s'assoir pour prendre un verre, on n'en a pas vu sortir avec des clients.
Les filles sur le plateau prennent des poses lascives, certaines sortent un peigne de leur bikini (où elles rangent également leurs téléphones portables...) et se recoiffent en se regardant dans le miroir derrière nous, d'autres esquissent quelques pas de danses, descendent le long de la barre et remonte doucement. On échange entre nous pour essayer de deviner celles qui sont des vraies filles, pour certains c'est évident que « elle » est un « il », pour d'autres le doute est permis. On se dit « la numéro 20, c'est un numéro 20... » tout y passe, la taille des pieds, la taille générale, la présence d'une pomme d'Adam... voir pour certains la banane d'Adam car l'une des danseuses va carrément faire sortir son sexe du slip devant Jey et Ludo en les regardant dans les yeux et en éclatant de rire. Tant est bien qu'a certains moments on se demande même si il y a une seule vraie fille dans cette série. Il n'y a pas de règle, certains travestis sont facilement reconnaissables mais parfois il est impossible de savoir. On imagine que c'est la surprise pour le touriste qui part à l'hôtel avec un ou une... Une chose est sur, la présence de poitrine n'est surtout pas une assurance de sexe féminin car en règle générale les filles thaïs n'ont pas de seins (ce qui fait le malheur de Bozo lorsqu'elle fait les boutiques, les soutiens gorges s'arrêtent à 85C et sont rembourrés de plusieurs centimètres de coton ou de silicone). Une règle en tout cas donnée par J.P. est toujours valable: « Si c'est trop beau pour être vrai, ben c'est que c'est pas vrai ».
Après avoir bien ris et finis nos bières, on sort du bar. C'est toujours l'agitation à l'extérieur. Ensuite Jey veut nous emmener dans une boite qui se trouve dans le Nana Hôtel. De l'extérieur, rien n'indique qu'il y a une discothèque, on demande alors à un employé qui nous confirme que « Yes yes Disco disco » et nous fait passer par le restaurant (qui ressemble plus à une cantine scolaire) avant de nous faire entrer dans le club. Il y a beaucoup de monde et l'on repère tout de suite un groupe sur une scène mais certains d'entre nous pensent que c'est un groupe qui fait du playback. Je jette un oeil au batteur qui n'a pas l'air de faire semblant de « mettre sa mère à la caisse claire » et un court instant le guitariste ne joue plus (le temps de se ré-accorder) et il n'y a plus e guitare dans le mix, ça joue bien live. On était vraiment en droit de se poser la question car il n'y pas un seul temps mort, ils enchaînent les morceaux comme le ferait un dj, la rythmique de la chanson précédente fait le lien sur celle qui suit, le bassiste balance un court break pour marquer le changement ou le guitariste débute le gimmick du titre suivant alors que le tube précédent est toujours en cours. Je dis tube car ils jouent tous les numéros 1du dancefloor des derniers mois, de Lady Gaga à Kesha en passant par l'insupportable « i've got Feeling » des anciennement bons Black eyes peas et du regrettable David Guetta. Les 4 chanteurs envoient le boulet (2 garçons, 2 filles) et deux d'entre eux se dégagent nettement de leurs collègues : L'une des filles (pourtant toute petite) est impressionnante et à un coffre à faire pâlir les hurleuses québécoises et un des gars balance tous les raps et chants avec une facilité déconcertante. Jey ne peut résister à l'appel de la danse et va aller se déchaîner (comme seuls ceux qui ont déjà vu notre Tiger mettre le feu au dancefloor peuvent comprendre) entrainant avec lui une partie de la bande, il n'y a pourtant pas de réelle piste de danse dans le club (ou alors si on considère les 3 mètres qui séparent les deux tables au centre en tant que tel). Avec Ludo et Bozo, on reste un peu en retrait préférant se rafraichir d'une bière avant de les rejoindre. Ludo n'ira pas jusque là et disparaîtra quelques minutes plus tard (pour rentrer à l'hôtel ou pour connaître une expérience comme vous n'en avez jamais connu avant?...) Les musiciens se la donnent avec plaisir, c'est le clavier qui écrit au fur et à mesure les morceaux qui vont suivre sur son pc, les autres jettent un oeil et enchaînent directement. Je suis un peu fustré car je l'avais vu écrire un petit quicksand de La Roux mais il va finalement l'effacer et ne le remettra pas... Le pédalier d'effets du gratteux est impressionnant et malgré la profusion de pédales sous ses pieds, j'avoue n'en reconnaître aucune... du made in China sans doute ou de la contrefaçon Thaï, tout ce qui se vend se contrefait. Les chanteurs font participer le public et l'une des chanteuses va tendre son micro à notre Nielsou qui va feindre une extinction de voix (Niels little player?!). Ils jouent depuis au moins 23h et alors qu'on approche des 2 heures du matin, le guitariste entame le riff de Mission Impossible version Limp Bizkit et c'est par cette chanson qu'ils vont clôturer leur set, faisant sauter toute l'audience jusqu'au plafond. J'avoue que même si bien évidemment les morceaux qu'ils ont joués me plaisent autant qu'un rendez-vous chez le dentiste, j'ai pris un grand plaisir à les voir jouer et comme je connais certains groupe de reprise en France, je sais le travail qu'il y a derrière une telle maitrise (Requiem si tu nous regarde...). Après la musique live c'est au tour d'un Dj de prendre le relai et d'envoyer du boom boom sans grande saveur (en plus ici pas de limitation à 98 décibels comme en France, donc les oreilles sifflent un peu), du coup avec Bozo on décide de rentrer, les autres vont continuer la nuit dans une autre boite et rentreront à 7h du mat em tuk-tuk disco s'il vous plait. On dit au revoir aux autres en pensant qu'on ne les reverra pas avant leur départ alors ça donne lieu à des grandes embrassades émues, mais Jey me dit que j'ai intérêt à venir les voir à leur hôtel avant leur départ. Il est plus de deux heures mais le Soi Nana vibre toujours de musique et d'appels des rabatteurs. Sur la route du retour depuis le Soi 4 au soi 18, on va croiser des chats, des chiens, un rat, des vigiles éméchés, des katois sur hauts talons, le regard aviné et le maquillage coulant, des farengs en goguette, des visions somme toute sympathiques de la nuit de Bangkok mais qui n'effaceront pas l'une des premières vision qu'on a eu au détour du Soi 6, une mère et son bébé couchés à même le sol, sans même un carton sous eux... Bangkok by Night entre fête et misère.


Jour 10 Dimanche 7 Novembre
Ce n'est qu'un au-revoir...
Réveil à midi en pleine rediffusion du match de Ligue 1 sur TV5 Monde soit aux alentours de midi. Durant la nuit Bozo a réfléchi et l'appartement qui se trouve au Soi 27 (soit presque en face du notre), lui plaît de plus en plus. Avec son jardin ceinturant, elle a imaginé des aménagements possibles pour le rendre encore plus charmant et surtout adaptés a nos envies car qui dit jardin dit Barbecue... On décide qu'on retournera le voir. J'appelle Jey (sans oublier de faire le 9 pour sortir...) qui me dit qu'ils vont au Platinum faire du shopping. On va les rejoindre et ça enchante Bozo qui a besoin dans le désordre d'un sac et de chaussures (une 4ème paire depuis qu'on est arrivé? Elle souffre de cloques et n'a pas encore trouver la chaussure miracle). En un tour de Taxi, on se retrouve dans l'enceinte de la fashionista Bangkokienne: des centaines de boutiques de vêtements, de chaussures, de lunettes, de maquillage, de bijoux... Un à un, on croise pratiquement tous les membres de la bande qui se cherchent entre eux. Une fois finies nos emplettes (un sac à roulette pour faire nos courses et une paire de Birkenstock chacun), on va au Centerpoint hôtel pour dire au revoir à nos amis. On les retrouve dans la chambre de Jean Pierre et Sophie et l'on arrive quelques secondes seulement après ce qu'il convient d'appeler « l'affaire du sac en plastique pas solide du tout et qui explose lorsqu'il est trop chargé ». Pour quelques Baths, Ludo a acheté un sac en plastique aux coloris chatoyants dans lequel Jey comptait ranger ses affaires, mais alors qu'il avait fini de le remplir en voulant y glisser un caleçon (je ne suis plus sur que ce soit un caleçon, peut être une paire de chaussettes) les coutures dudit sac ont littéralement explosés. Lorsqu'on pénètre la scène de crime, le sac git sur le lit, éventré et Jey semble être passablement énervé. Du coup, il va repartir avec Sophie pour aller rechercher un sac. Simon qui n'a aucune considération pour la douleur de son ami décide d'arroser l'événement en commandant des bières au room service, ce qui va donner lieu à la seconde affaire du jour que l'on nommera « les changs de la 2023 sur le compte de la 2022 ». Il est aux alentours de 18h30 lorsque Simon se saisi du téléphone de la suite 2022, il compose le 0 et tombe donc sur la réception. Il indique au préposé qu'il souhaite commander des changs au nombre de 2 (ou 4 je suis plus sur), on lui passe alors le service concerné, à savoir le restaurant de l'hôtel. Simon indique donc au responsable du bar qu'il souhaite commander des bières de marque « Chaaaannnng » au nombre de deux, que celles-ci seront à livrer chambre 2022 mais à mettre sur le compte de la 2023. Quelques minutes plus tard, on sonne à la porte, c'est un serveur qui apporte sur un plateau les chang commandés (et qui semble étonné de voir une dizaine de personnes assis dans tous les coins) et c'est là que se joue le drame. Simon se saisie de la note et veut la signer, mais alors il s'aperçoit que la note et mise au nom de Jean-Pierre sur la suite 2022, alors que (et nous en sommes tous témoins), il avait bien indiqué l'exacte marche à suivre quant à la chambre à débiter. JP va donc devoir s'acquitter du règlement de la dite-somme sur le crédit de sa chambre (il est balèze Simon)... ce qui nous donnera la réflexion suivante « Quand tu parles avec un Thaï, oublies tes années d'étude de la langue de Shakespeare, fais des phrases simples et quand tu as finis si c'est important demande lui de te confirmer (voir de répéter) ce que tu lui as demandé ». On pourrait croire que la journée ayant eu son lot d'affaires, tout allait rouler à présent mais non. Avec le nombre croissant de personnes présentes dans la pièce, les verres viennent à manquer. Les verres pour se rincer les dents dans les salles de bains ayant déjà été réquisitionnés, il faut en trouver d'autre. Niels part alors pour en chercher. A son retour, Simon lui demande où il était et Niels lui répond qu'il était dans la chambre des filles (Mel et Sophie M.) alors c'est là qu'arrive l'affaire du « T'étais avec ma soeur, fais sentir tes doigts... ». Certains seront choqués par le niveau la vanne de Simon, moi je l'avoue sans complexe, j'étais mort de rire, ce qui vaut donc à cette simple vanne d'être cité sur ce blog, Simon +1...
Vous vous dites et c'est bien légitime que cette seule soirée est chargée en rebondissements (bon en fait pas tant que ça, mais afin de tenir le lecteur en haleine, je fais des effets de manche à la « faites entrer celui là qu'est coupable » Emilie Louis si tu nous regarde...) et bien ce n'est pas fini car de retour du Platinum, Sophie et Jey ont une aventure à nous narrer. Dans une boutique où ils sont entrés Jey a vu un sac qui lui plait, il commence donc à le marchander (comme cela se fait toujours ici) et comme il demande un prix que la vendeuse trouve trop bas, une autre vendeuse vient et dit en Thaï que « si il est pas content, il a qu'aller ailleurs » en fleurissant son propos de divers noms d'oiseaux et autres insultes peu sympathiques, sauf que Sophie comprenant le Thaï lui a répondu dans un langage fleuri du même tonneau, avant de partir de la boutique... Ils ont finalement trouvé dans un autre endroit un sac de haute compétition qui se déplie selon le volume souhaité et avec des roulettes pour un prix relativement modique. Il a donc refait son paquetage et pendant ce temps l'autre sac c'est retrouvé dans la poubelle de la chambre. L'heure tourne et nous devons rentrer à notre hôtel, cette fois c'est bien celle des derniers au-revoir, on se quitte en espérant bien les retrouver très vite ici ou là-bas. Enfin on ne se quitte pas tous car Chloé est encore pour quelques jours à Bangkok mais ça vous le suivrez dans la suite de nos aventures.

Jey qui n'en peut plus après avoir fait son sac pour la deuxième fois

 
                               Niels qui cache ses doigts?                            Ludo a chaud
                          Simon et l'affaire des Chang                JP qui remercie Mel pour le T-shirt qu'il lui a soudoyé 



Jour 11 lundi 8 Novembre
Le Laundry au soleil, c'est une chose qu'on aura jamais... Claude Français

En ce lundi, il n'y a pas eu de grandes aventures. J'ai eu un petit coup de blues suite au départ de la bande même si je n'ai passé que 3 jours en leurs compagnies car même court, le week-end a eu son lot de moment de folie. Enfin bref pas le temps de s'appesantir, car aujourd'hui je dois trouver un « laundry » comme on dit ici: Chez nous on dirait un pressing mais en fait quand on dit pressing on pense à un nettoyage de haute précision ou de linge délicat, hors ici il s'agit juste de confier son linge à quelqu'un pour qu'il le lave et cette semaine il va falloir qu'on y ait recours. Celui de l'hôtel est hors de prix, car il faut payer à la pièce (tant pour une culotte, tant pour un t-shirt... et remplir une fiche où l'on indique les quantités de chaque, fastidieux et cher = No way) alors je vais voir les 3 que j'ai repéré dans le soi. Le 1er et le 3ème sont assez chers. Dans le second où je suis allé, elle m'annonce un prix de 80 bahts le kilo (2€) et 120bahts avec repassage (3€), ce qui me convient tout à fait. Ensuite, je reviens à l'hôtel pour enfermer Ramzy dans sa cage et descendre au resto le temps du Room cleaning. C'est Là que j'ai appris qu'un chat se dit en Thaï « Méo » (ou quelque chose dans le style), c'est le gardien qui me l'a appris, ça l'éclate que je descende avec mon chat et mon ordi. C'est de là souvent que j'écris le récit de nos aventures, je compte une petite heure, temps que j'estime suffisant pour remettre à neuf l'appart et c'est surtout le temps maximum que supporte Ramzy dans sa cage. Je remonte et peu de temps après Zo fait son apparition, elle a faim alors je prépare un petit poulet Coco pendant qu'elle parle avec sa copine Tine via msn, joie de la nouvelle technologie qui nous rapproche même quand on est loin... Je trouve tellement de poésie niaise dans cette dernière phrase qu'il vaut mieux stopper là le récit de ce jour sans aventures.

Ramzy dans sa cage au resto


Jour 12 Mardi 9 Novembre
Les muscles...

Téléphone a chanté « Métro c'est trop » est bien cette journée est un véritable hommage car je vais passer une partie de la journée à prendre des renseignements sur les différents abonnements de Téléphone et de Métro. En effet, si les petits jetons, c'est bien fun quand on prend le métro une fois de temps, ça n'amuse déjà plus Zo de devoir faire la queue matin et soir pour se les procurer (et ce n'est pas possible d'en prendre d'avance). On a repéré que nombre de Bangkokais avaient des cartes. Donc je vais sur le site du MRT (c'est ainsi que l'on nomme le métro ici) qui donne quelques indications sur les abonnements, soit à la journée, soit selon la distance à parcourir, soit deux cartes qui semblent correspondre, visiblement l'une est rechargeable et pas l'autre, enfin c'est ce qu'il me semble comprendre. Pour le téléphone, JP et Sophie nous ont conseillés « One to Call ou 1.2.call », carte prépayée que l'on achète dans les 7/11 entre autre. Mais comme Zo souhaiterait changer de portable, je regarde si il n'y a pas une formule d'abonnement comme on les connait chez nous avec une offre tarifaire qui comprenne également le portable. Après maintes recherches cela semble exister mais les offres ne semblent ni avantageuses, ni simple à résilier au cas où. Du coup avoir comparé les tarifs des différentes compagnies et les avis des pharengs sur les forums, je pense que ça se confirme et qu'on devrait opter pour la formule One To Call et aller faire un tour au MBK quand il faudra changer de portable. Je fais donc un petit mail à Zo avec mes préconisations qui me réponds que « c'est bien mon chéri, on en parle ce soir ». Wahou!Journée trépidante si l'en est, mais là n'est pas le point d'orgue de cette journée, bien loin de là car l'événement du jour, c'est que je suis rentré dans la salle de sport de l'hôtel (Cat c'est pour toi, les autres vous pouvez passer directement au jour suivant, mes exploits de bodybuilder n'auront certainement aucun intérêt pour vous, ce que je comprendrais aisément). Donc voilà Squale fait du muscle, c'est parti! À pas de velours, je m'approche doucement de la porte vitrée, on ne sait jamais des fois que la salle soit déjà occupée par un japonais culturiste ou une athlète allemande: C'est que pour ma première, j'aimerais être seul... Ouf personne! Heureusement parce que j'aurais bien eu du mal à faire celui qui cherche son chemin alors que je suis en short et baskets. J'entre donc dans la pièce dont il se dégage une douce fraicheur, des serviettes toutes propres viennent semble t'il d'avoir été déposées. Au menu 4 machines à disposition, un tapis de course en plan incliné, un marcheur qui fait les bras en même temps, une sorte de rameur et la machine tout en un. C'est elle qui a ma préférence car en effet, je viens ici avec deux objectifs: le premier est de perdre le petit amas de graisse dispendieux qui se forme petit à petit depuis mon mariage au niveau de l'intestin et qui n'est guère seyant (tout maigre avec du ventre, c'est peut être tendance au Sahel mais ailleurs non). Le second est de gagner un petit peu en volume au niveau des bras, non pas que le coté bras de menthe religieuse (ou comme des velux, allusion Eric et Ramzyenne que seuls ceux qui ont des grands bras maigres pourront comprendre) me dérange, non j'y trouve même des cotés pratiques comme le grattage de genoux sans se baisser, l'enroulage complet de Bozo dans mes bras, la télescopie pour aller chercher le pot de nutella rangé en haut du placard... donc pas de désir de changement à ce niveau-là, simplement afin de plaire encore plus (ou pourrait-on dire définitivement) à ma femme, elle souhaiterait (et moi aussi d'ailleurs) que je me fasse tatouer le bras. Quel est le rapport me dirait vous... et bien dans l'état actuel des choses et de mon bras en particulier, la surface offerte pour le tatouage est minime, donc impossibilité stricte d'y faire un tatoo avec écriture (ou à défaut une abréviation ou un sigle, j'aurais l'air chouette avec SNCF ou RER sur le bras) et impossibilité d'y faire une représentation majestueuse; imaginez que je veuille faire une superbe licorne (ce qui n'est pas le cas), j'aurais l'air de quoi quand le travail fini ma licorne ressemblerait plus à un petit Poney (Zule si tu nous regarde...) qu'à l'animal mythologique, ou bien encore si je voulais me faire tatouer le portrait de Johnny entouré d'un aigle et d'un loup (ce qui n'est pas non plus le cas, je vous rassure ma santé mentale est toujours intacte) et que je me retrouve au final en lieu et place de l'idole des jeunes avec un playmobil entouré d'un moineau et d'un teckel... non, non, non, ça n'est pas possible, il me faut donc travailler ces muscles et le tableau face à moi qui présente tous les exercices possibles et imaginables que l'on peut faire avec cette seule machine me rend plein de courage, du moins pour l'instant. C'est bien foutu quand même parce que sur le papier, on voit indiqué en rouge les muscles que chaque exercice fait travailler. Allez il faut s'y mettre. J'ai lu sur internet en préparant ma séance qu'il ne fallait pas courir ou faire un exercice d'endurance en guise d'échauffement, sinon le muscle ne va pas comprendre que je veux lui faire gagner en volume mais que je veux renforcer sa tonicité. Première nouvelle, il y a donc un cerveau dans mes muscles... J'ai lu qu'il fallait faire les exercices avec peu de poids, voir à vide, à vitesse soutenu afin de préparer la masse musculaire au travail (à vide donc, ça rappellera à certains leur puberté...). Je décide de le faire donc avec un peu de poids quand même, on sait jamais des fois que quelqu'un rentre et qu'il ne sache pas que je suis en phase d'échauffement, il me prenne pour un « mou du kiki ». Donc je place le curseur à 20kilo sur tous les appareils de la machine, je branche mon Ipod sur un petit « Pendulum » et j'y vais. Les bras avec la petite barre, ok, avec la grosse barre dans le dos ok, avec les avants bras ok, les cuisses avec la presse ok (je sens même pas les 20 kilos alors je pousse à 50 pour les jambes), les tibias ok, les abdos... pas ok. Nom de zeus, j'ai pourtant mis que 20 Kilo, alors je vérifie que ce ne soit pas un problème de la machine, mais visiblement non. Je vérifie le petit dessin explicatif et il me semble que je fais bien. Donc je recommence, je place le bout de l'appareil sur mes épaules, je place mes mains sur les poignées et je me peeeennnnccccchhhe vers l'avant... Je sens les poids qui se soulèvent tout doucement et péniblement dans mon dos et qui retombent beaucoup plus vite qu'ils ne s'étaient soulevés, mais je sens surtout mon ventre se tordre et une chaleur envahir mon corps, du bas ventre à la tête. Bon peut être que je suis pas assez chaud (j'essaye de me rassurer comme je peux) , je reviendrais à ça plus tard, en attendant je vais refaire les jambes, ça roule, je monte à 90 kilo, je fais des séries de 30. Je repasse aux bras. J'en chie mais je sers les dents, il y a assez d'exercices pour varier les plaisirs et faire travailler les différents muscles. J'en découvre même certains dans des zones inédites. Vous saviez qu'autour de la brioche, y a deux muscles? Inouï! Comme il y a une deuxième façon de travailler les abdos, je m'y attèle, c'est quand même pour ça que je viens. Les pieds dans le vides, il s'agit de faire des sortes de tractions, c'est pas facile mais j'en enchaine une vingtaine. Petite pause, je vais boire un petit gobelet d'eau, j'ai les bras qui tremblent (bon vous qui me connaissez bien, savez que je tremble déjà à la base mais là c'est carrément parkinson pendant un tremblement de terre) je fous de l'eau partout. Je m'y recolle quand même, je me dis que la Drum and Bass de Pendulum, c'est peut être un peu trop rapide pour faire les exercices alors je passe à un petit « Back in Black » d'ACDC, la rythmique en « poom tchack- poom tchak » ça sera sans doute plus adapté. Je ne fais pas tous les exercices du tableau, je me dis qu'il faut en garder un peu pour demain, enfin si je survis à la séance du jour. Retour aux mouvements pour les abdos, je me remets « Hell Bells », je laisse passer l'intro le temps de m'installer, de me concentrer, de me préparer et j'yyyyyyyy vais « aaaargggghhhh », j'en fais péniblement 15, à la fin desquels, je vois mon reflet dans la vitre, j'ai la tête toute rouge, couleur Médoc château Margaux, année 1982... Je pense que ça suffira pour une première, 45 minutes d'efforts et de souffrance, quand je pense que y a des gens qui payent pour ça. Je monte 4 à 4 les escaliers de l'étage qui me sépare de la piscine et lorsque mon corps rentre dans l'eau, j'ai comme l'impression que le choc thermique provoque de la fumée; en tout cas ça fait un bien fou. Ainsi s'achève ma première journée dans la peau d'Arnold Schwarzenegger en espérant que ça me transforme pas en Républicain...


Jour 13 – Mercredi 10 Novembre
R.A.S.

En ce mercredi, rien de spécial dans la journée, sinon qu'en apportant le linge au Laundry, la possibilité de le faire repasser a disparu depuis lundi... Elle me dit 80 baths le kilo, je lui dit non que je veux payer 120 car je veux le repassage en plus. Elle me regarde bizarrement mais avec un sourire, elle doit se dire qu'il est sympa ce phareng qui veut payer plus cher que le prix... la scène est assez comique car je dois mimer le fer à repasser et soit mes talents de mime sont limités, soit la jeune fille y met de la mauvaise volonté. C'est plutôt la seconde option qui est la bonne car une autre jeune fille qui était en train de faire un massage des pieds à une mamie en sur-poids du type Est-allemande derrière elle a compris, elle lui explique mais ça se confirme le fer à repasser c'est envolé pendant la nuit.



mercredi 17 novembre 2010

Notre 1ère semaine

Deuxième jour
À la recherche de pet-food
Réveil en douceur par la lumière qui traverse les rideaux et tout doucement on se dirige vers notre mission du jour : trouver de la nourriture et de la litière pour Ramzy.
A la sortie de notre soi (c'est ainsi que l'on nomme les rues ici), il y a quelques petites superettes, dont un « seven- Eleven » comme on en trouve tous les 500 mètres sur Sukhumvit Road. Seven/Eleven mais pour la plupart, ils devraient s'appeler Twenty-four-twenty-four car ils sont ouverts 24h/24h donc de minuit à minuit ou alors Seven-Seven si on considère que sept heure est l'horaire d'ouverture mais comme ils ne ferment pas on pourrait tout aussi bien dire six-six, eleven-eleven, one-one enfin bref vous m'aurez compris... donc on va au 7/11 mais hélas peu fourni en alimentation animale et comme notre chat à de goûts affirmés, il nous faut trouver une offre plus large dans le raffinement. Après avoir tergiversé de longues minutes pour savoir dans quel sens on doit partir sur Sukhumvit road, nous retrouvons finalement un grand « mall » où nous savons qu'au dernier étage se trouve une grande surface avec différentes gammes de produits de bonne qualité mais relativement chers nommé le Gourmet. Direction le rayon pet-food et là surprise toutes les pâtés pour chat sont à base de poissons, ce qui n'est pas dans les plats favoris de notre chat et si les mélanges thon-poulet semblent pouvoir se concevoir, les mixs crevettes- boeuf ou encore sardine-porc me laisse pour le moins dubitatif, et pourquoi pas huîtres-caramel-dinde tant qu'on y est... Je lui fait donc un assortiment varié de toutes ces saveurs en espérant qu'il trouve au milieu de cette « nouvelle cuisine » de quoi le satisfaire. On fait ensuite quelques courses pour nous mais nous ne pourrons pas acheter de vin. Non pas que ce soit le prix qui nous en dissuade, quoique très cher, ni même un soudain désamour pour le Cabernet-Sauvignon et autres appellations (bien au contraire) mais la vente d'alcool est interdite en 14h et 17h. Nous finissons nos emplettes et rentrons à l'hôtel. Arrivé dans le hall, un employé veut se saisir de nos paquets mais n'étant pas encore habitué à la qualité du service haut de gamme, je lui signifie que ce n'est pas la peine, ce qui semble grandement le surprendre. De retour dans la chambre, Zo va faire une sieste car le programme de ses deux prochains jours va être chargés par la visite des habitations Thaïs afin de savoir comment ils vivent et d'adapter l'offre ikea aux besoins des locaux et pour ma part je vais m'offrir quelques brasses dans la piscine qui se trouve sur le toit de notre hôtel. Le bassin n'est pas très grand mais je suis seul à flotter au milieu des grattes ciel voisins. La soirée se passe calmement, après avoir rapidement préparer le repas, on dîne en vitesse puis on se couche dans notre lit king size pour s'offrir un sommeil royal (king size , sommeil royal ah ah ah que je suis drôle) .
Assortiment de Cuisine Thaï pour chat



Jour 3 et 4
A la recherche de la ligue 1
Après s'être levés à 6h50, on petit déjeune, se douche et j'accompagne Bozo en métro jusqu'à la station Thaïlande Cultural Center où se trouve pour le moment les bureaux d'Ikea. Le métro est ultra moderne et d'une propreté insolente pour qui connait notre métropolitain parisien, de plus il est très simple de s'y diriger... celui-ci ne comprenant qu'une seule ligne; encore faut-il savoir où l'on va se rendre (car ici on paye selon le nombre de stations parcourues) et surtout repérer le bouton qui passe les indications en anglais: La première fois, on avait pas repéré cette manipulation et l'opération nous avons donc parut beaucoup plus compliqué, pour ne pas dire plus. Aujourd'hui on s'amuse à voir les touristes faire des têtes paniquées devant l'appareil. Il n'y a pas de tickets mais des jetons style auto-tamponeuses que la machine garde lorsqu'on a finit son trajet, ce qui est à la fois pratique et plus écologique. A mon retour, je flâne devant la télé en m'attardant longtemps sur les six chaines de sport que propose le satellite. J'y vois plusieurs matchs de la premier league (il y a ici un véritable culte voué à Manchester United et Arsenal et l'équipe d'Everton a pour sponsor principal sur le maillot la fameuse bière Chang dont on va reparler d'ici peu), quelques matchs du Calcio ou de la liga espagnole et même en direct le match des New yorkais de Thierry Henry (devant la pauvreté du jeu proposé je m'endors avant la fin de la première mi-temps) mais aucune trace de la ligue 1 française et même dans le journal des sports alors qu'on s'étend en largeur sur le score fleuve de l'Ajax d'Amsterdam, il n'y a trace de l'annonce du moindre résultat français. Non pas que je sois un inconditionnel du ballon rond hexagonal mais depuis mes deux années au Portugal, j'y ai repris goût en écoutant RMC pendant que je travaillais le soir et ce après une décennie de non-intérêt global pour le football en général. Mais ici pas la moindre trace des chants du stade Bollaert, ni d'un contrôle raté de Taiwo ou de la place de leader de notre championnat offerte au promu Brestois et de son fantastique gardien Steeve Elana . Mais non les Thaïlandais ils s'en contrefoutent de Steeve Elana, même si il a été élu joueur du mois en octobre ils s'en balancent le red curry de Steeve Elana, mieux ils savent même pas qui c'est ceSteeve Elana et pour dire vrai moi non plus, avant de regarder sur wikipedia, je connaissais même pas son existence... Bon admettons que Brest ça ne passionne pas les foules mais comment est-ce possible qu'un Arles Avignon-Nancy n'intéresse personne? Cela étant dit après (courte) réflexion, ça n'intéresse déjà pas grand monde en France donc à plus forte raison ici...
Le soir je descend au restaurant de l'hôtel pour me remettre de mon ecoeurement footballistique et pour y boire une Chang Beer en attendant que Bozo rentre de ses visites de maisons. C'est toute une aventure pour commander une simple bière, il n'y a pourtant que 4 bières à la carte (fait assez rare pour être relevé, il y a deux bières à la pression dont la Stella Artois). Je tente toutes les prononciations possibles de ce mot si court que je ne vois pas trop comment il peut se prononcer autrement que « Chang » , « Tchang », « Cheng », « Tcheng », « Chank » ou « Channngue » et achèverait finalement par devoir montrer du doigt directement sur le menu pour être servi par l'employée. Bozo rentre enfin de ses visites. Elle est vraiment surprise par ce qu'elle a vu. Outre le peu de meubles qu'on trouve dans les maisons, ce qui l'a marqué le plus est que malgré le fait d'avoir de nombreuses chambres, la quasi-totalité des habitants dorment dans la même pièce (l'exemple d'un jeune homme de 16 ans qui a pourtant une chambre à lui, et qui dort sur un matelas au pied du lit de ses parents, Tanguy Style à la sauce Thaï ). Autre chose marquante, le peu d'équipement des cuisines qui trouve son explication dans le fait qu'ils ne cuisinent pratiquement jamais chez eux. Soit ils mangent aux restaurants, soit ils commandent aux vendeurs de rue, dans le meilleur des cas ils cuisinent uniquement le riz. Peu d'équipements également dans la salle de bain, voir pas du tout. Un trou et une desserte en plastique, ils vont à l'essentiel pourrait-on dire. Les vêtements, produits de beauté et autres sont rangés dans le buffet du salon. Je me dis que la tache de Bozo et de ses collègues va s'avérer compliquée... En tout cas, ici on vit en famille, des grands parents aux petits enfants, certaines maisons accueillent plus d'une quinzaine de personnes.
Le Dimanche aura à peut près la même teneur que le samedi, épisode de la Chang Beer en moins... j'ai opté pour une Singha parce que là il n'y pas de souci de prononciation.

Jour 4 et 5
A la recherche de choses diverses et variées
Grasse mat. Bozo a deux jours de repos pour compenser le travail du week-end, ce qui nous permet de nous remettre des nuits un peu écourtées par Ramzy qui lui aussi souffre du Jet Lag. Il somnole dans la journée et se réveille en pleine nuit, où il déborde d'activité, entre autre : courses effrénées du lit à la salle de bain, dribble en série avec une boulette d'aluminium, shoot dans des bouchons de bouteilles d'eau, enchaînements de de coups de pattes sur la porte du frigo et des placards, mordillage en règle du doigt de pied qui dépasse du drap... Du coup, en ce lundi on ne va quasiment pas quitter l'hôtel, farniente enchainée sur une sieste qui débouche sur un comatage en règle, le tout entrecoupé par une baignade dans la piscine juste le temps que le room cleaning nettoie notre appartement. Ramzy n'est pas fan de ces moments où il doit retourner dans sa cage. 

Ramzy dans sa cage à la piscine
       Bozo Odin et moi (non je ne suis pas tout nu)

La journée se passe tranquillement et le soir vient bien vite. On réserve nos forces pour le mardi car en début d'après-midi, nous descendons au bar de l'hôtel où nous avons rendez-vous avec Rangie (notre guide pour la visite des appartements) afin de définir un peu mieux le cadre de nos recherches mais aussi de faire connaissance. Elle est toute pimpante et nous paraît extrêmement sympathique et professionnelle. Après une petite heure passé en sa compagnie et dans l'attente des visites d'appartements de fin de semaine, on va déjà aller voir les sois dans lesquels elle nous a indiqué qu'il y avait des appartements à visiter afin de voir un peu l'environnement proche. On est ravi par ce qu'on y découvre, des petits bars sympas, des salons de massage en pagaille, des restaurants de toute sortes, une boulangerie allemande et pas d'agression permanente des chauffeurs de tuk-tuk comme cela arrive dans d'autres endroits de la ville; on est de plus en plus sous le charme du quartier proche de notre hôtel. Puis vient la mission grande surface, on essaye de retrouver le Carrefour que nous avions vu sur Sukhumvit Road lors de notre dernier séjour à Bangkok, l'assurance de retrouver des produits connus à des tarifs abordables. On va le retrouver mais au vu de la distance qui le sépare du BTS Sky Train, on va finalement se rendre au Tesco Lotus qui se trouve lui juste en face de l'arrêt. Le Sky Train est tout comme le métro ultra-moderne, avec télévision dans les wagons qui diffuse en continu des publicités diverses et variées, notamment sur des produits de beauté pour blanchir la peau, car c'est là le paradoxe qui nous oppose. Si nous occidentaux cherchons à avoir le teint hâlé, les thaïlandais cherchent par tout les moyens à se blanchir la peau. On s'en était déjà rendu compte lorsque nous avions fait nos courses au gourmet: alors que je cherchais un après-rasage, on s'est aperçu que 95% des crèmes, lotions et jusqu'aux déodorants ont des propriétés blanchissantes, réduisant l'offre des produits neutres à un choix des plus restreints. C'est aussi pourquoi les femmes s'abritent en permanence du soleil et que les parapluies sont de sortie même (surtout) lorsque le soleil brille. Rangie et les collègues de Bozo nous confirmeront qu'ici la blancheur est synonyme de beauté, que les stars du petit écran, du cinéma et de la chanson ont tous le teint blanc et que dire à quelqu'un qu'il à le teint « blafard » est un compliment recherché... Micakel Jackson si tu nous regardes...
Le Tesco Lotus est un grand supermarché avec prédominance de produits locaux, on retrouve les fruits et légumes aux formes étranges, les étalages de chips aux goûts de poissons, les sacs de riz conditionnés en un minimum de 10 kilos ou 20 et au contraire le lait dans des packaging de 20 cl. On arrive tout de même à trouver de quoi faire quelques repas plus conformes aux goûts occidentaux, non pas qu'on apprécie pas la cuisine locale (bien au contraire) mais lorsqu'on loin de chez soi, c'est parfois réconfortant de retrouver dans son assiette des mets auxquels on est plus habitué et le risque (une fois sur deux) de tomber sur un plat sur-épicé fait qu'il est plus rassurant d'être au commande des fourneaux pour de temps à autres soulager son système digestif et ses papilles gustatives.
Lorsqu'on rentre des courses, le gardien plein sourire nous gratifie d'un « shoping-shoping » et comme à l'accoutumé le personnel de l'hôtel se saisi de nos sacs pour les porter jusqu'à notre chambre, puis piscine, douche, clim, TV5 Monde, Questions pour un champion, diner, dodo, cavalcade de Ramzy, re-dodo.


Jour 6
A la recherche des photos du Work-permit
Comme tous les matins, je prépare le petit déjeuner pendant que Bozo est dans la salle de bain et aujourd'hui je dois la rejoindre pour aller faire des photos pour son work-permit: La taille de celles qu'on a fait en France ne convient pas. On nous a demandé de porter des vêtements avec un col, à ce jour on ignore toujours pourquoi... Ce matin c'est son premier vrai jour de travail alors elle est un peu mi-anxieuse, mi-impatiente comme pour une rentrée des classes. Programme prévue pour elle, remplissage de formulaires, prise de sang et ouverture de compte en banque. Lorsque que je pars la retrouver le gardien me demande où est « Ma'ame », je lui dit qu'elle travaille ce qui l'amuse beaucoup. On a rendez-vous à 11h, en bas de la tour où se trouve leurs bureaux. Elle va être en retard ce qui va me permettre d'assister au balai d'entrée et de sortie des autres compagnies qui occupent des locaux dans cette même tour. Certains portent une sorte d'uniforme, tous avec le même polo; l'esprit corporate s'affiche par des tenues aux couleurs flamboyantes. Il est 11h20 lorsque je reconnais un des collègues de Bozo avec qui nous avions diner lors de notre « look and see trip », je crois me souvenir qu'il s'appelle « Hô ». Je m'en souviens car lorsqu'ils s'étaient tous présentés, j'avais remarqué avec amusement qu'il portait le même prénom qu'une autre jeune fille de l'équipe, lui ne m'a pas vraiment reconnu mais comme je suis le seul « Farang » (=Foreigner ou étranger) à poireauter devant l'entrée, il se dirige vers moi et me demande si je suis Sttttéééphane. Je lui confirme que c'est bien moi alors il me dit de patienter encore un peu que ma femme va arriver d'ici peu. Notre conversation tourne court et lui et la fille avec qui il est descendu se plonge alors dans la navigation de leur téléphone portable, véritable passion de la jeunesse (et des moins jeunes) que de passer des heures à Iphoner ou Blackberrer. 

Vue sur Bkk depuis les bureaux de Zo

Zo arrive enfin et l'on se dirige au Carrefour accompagné par un des responsable des ressources humaines dont le nom m'échappe. Arrivé chez le photographe, je remarque sur un des murs plusieurs petites vignettes avec des troncs d'hommes et de femmes, en costume, cravates, tailleurs... C'est pour remplacer grâce à photoshop les tenues des photographiés si celles-ci ne conviennent pas. Je me dis que j'aurais alors pu venir tout nu, ou en short et T-shirt et choisir l'un des faux costumes proposés. Je me serais bien vu avec le complet bleu austère et sa cravate en camaïeu de vert du plus bel effet tendance Julien Lepers. En guise de studio, la photographe pose derrière nous un carton blanc qu'elle scotche à la paroi. Ils nous est conseillé de ne pas sourire, mais j'aurais toutes les difficultés à retenir un fou rire qui justement allait me prendre. Clic clac, c'est fait. Ensuite nous nous rendons à la cafétéria de la galerie marchande ou heureusement le gars des ressources humaines nous indique la marche à suivre, il faut acheter une carte qu'il faut créditer avant de se rendre dans l'un des stands afin d'y passer commande. L'employée décréditant du montant du plat la dite carte, joie de la modernité. On est les seuls Farang dans cette grande cantine.
Je retourne à l'hôtel où à nouveau le gardien me demande où est « Ma'ame », je lui dit qu'elle continue de travailler, ça le rend hilare. Je sais qu'on est un couple à nouveau très atypique; Madame travaille et pas monsieur. Lors de notre premier séjour, on nous avait présenté tous les clubs destinés aux femmes d'expats mais bien évidemment aucun club d'hommes au foyer expatriés...
Bozo rentre à cinq heures, ce qui est la première très bonne nouvelle de la journée car jusqu'à l'ouverture du magasin, elle ne va faire que 40 heures (ce qui avouons-le est déjà pas mal, les 45 heures hebdomadaires étant réservé pour l'année prochaine) et ainsi elle rentre avant que le soleil ne se couche car ici passé 18 heures la nuit tombe en quelques minutes. La deuxième bonne nouvelle aurait très bien pu ne pas en être une car en fait pour que notre visa de un an soit valable, il faut ressortir du pays tous les 3 mois, mais c'est là que la nouvelle devient bonne, c'est Ikea qui va nous payer cette sortie de territoire. Ainsi les petits week-ends qu'on avait prévus dans les pays aux alentours vont nous être sponsorisés, Good! Ultime chouette info de la journée, Bozo va toucher une prime mensuelle de 2000 Baths pour son téléphone. On décide donc d'arroser ce flot de nouveautés par un verre de vin au restaurant de l'hôtel, puis deux, puis trois.


Jour 7
A la recherche de notre Home sweet Home
ça fait une semaine que nous avons posé le pied sur le sol Thaïlandais et c'est le jour qu'attend Bozo depuis des lustres (Hüsvik 89€ chez Ikea), on part à la recherche de notre appartement. 
Rendez-vous à 10 heures avec Rangie, comme elle est en retard (un classique ici), on en profite pour prendre un café, elle arrive enfin et se joint à nous. Le premier appartement qu'elle nous montre se situe dans la grande avenue qui croise Sukhumvit Road mais on écourte rapidement la visite lorsqu'on ouvre la fenêtre et que le bruit de la circulation envahit tout l'appartement. Le second appartement qu'elle nous présente va longtemps rester mon favori. L'extérieur semble un peu défraichi mais à l'intérieur, on se croirait dans un palace: le salon est aussi grand à lui seul que notre appartement de Porto. Il y a 3 chambres dont deux avec un dressing immense ainsi que 4 salles de bains, deux très grands balcons avec des vues originales (dont une sur un lac) et en plus des habituelles piscines et salles de sports, on trouve un terrain de tennis, un squash et un playground de basket mais Zo n'est pas emballée par la vétusté des équipements extérieur, de plus le prix est relativement cher. Je ne vais pas passer en revue l'ensemble des visites de la journée car au total nous allons voir 17 appartements dans 11 immeubles différents. Du plus kitchissime, (dorure du sol au plafond dans le hall d'entrée, ambiance palais au luxe stalinien, personnel ultra coincé tendance « balai avec implantation anal ») au plus improbable (appartement absolument immense avec vraiment très peu de meubles et 4 mètres de hauteur sous plafond comme dans cette chambre de 45 m2 avec un simple lit planté au milieu) en passant par la formule tout compris (Piscine, gym, salle de billard, Babyfoot, salle de yoga, garderie, salle de fêtes, tuk-tuk, bar, femme de ménage...). Le midi, nous déjeunons dans un resto italien à la cuisine asse fine, sous le regard des serveuses (8 en tout plantées à 2 mètres de nous, ce qui est assez... dérangeant) et c'est l'occasion de faire un peu plus connaissance avec Rangie. Elle a un profil particulier en contradiction avec la jeune fille classique Thaïlandaise. Elle est fille unique, a quitté de plusieurs années déjà le domicile familiale pour s'installer seule et à 25 ans, elle a monté sa propre agence immobilière. C'est en fait un concours de circonstance qui l'a poussé à se lancer ainsi: elle travaillait pour l'agence à laquelle Ikea avait fait appel afin de trouver des logements aux expats et allait reprendre ses études mais les gens pour qui elle a œuvré étaient tellement contents d'elle qui l'ont recommandés à leurs amis et aux nouveaux venus comme nous , force de quoi elle s'est lancé dans l'entrepreneuriat. Les visites de l'après midi reprennent de plus belle mais à chaque fois, il y a un détail (parfois gros) qui nous bloquent, que ce soit le bruit, la vue, la distance avec le métro combiné à l'absence de Tuk-Tuk, la clarté, les couleurs des murs combiné au mobilier... Aucun ne trouve grâce (totale) à nos yeux. Rangie doit nous trouver insupportables même si elle dit le contraire. La pauvre nous dit que nous ne sommes pas les pires mais nous savons que pour d'autres collègues de Bozo, il ne lui a fallut en moyenne que 5 visites pour trouver le bonheur. La journée s'achève et elle nous ramène à l'hôtel où Zo désespère un peu de ne pas avoir eu le coup de coeur ou tout du moins sans atteindre la perfection, un lieu qui comble nos envies. On s'endort en rêvant à l'appartement parfait qu'on espère voir demain et ainsi s'achève notre première semaine.